30/1/2025

Diagnostic mesurage : loi Carrez ou loi Boutin ?

Vente ou location : découvrez quelle surface mesurer, les différences entre loi Carrez et loi Boutin et les risques d’une erreur.

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Le diagnostic mesurage répond à une question simple mais décisive : quelle surface doit être annoncée lors d’une vente ou d’une location ? La réponse dépend du projet. Pour vendre un lot de copropriété, on parle de superficie privative « loi Carrez ». Pour louer un logement comme résidence principale, le bail doit mentionner sa surface habitable, souvent appelée « loi Boutin ».

Ces deux calculs partagent certaines règles, notamment l’exclusion des parties dont la hauteur est inférieure à 1,80 m, mais ils ne couvrent pas exactement les mêmes espaces. Confondre les deux peut fausser le prix au mètre carré, fragiliser une négociation et ouvrir un recours à l’acquéreur ou au locataire.

Diagnostic mesurage : Carrez pour vendre, Boutin pour louer

La loi Carrez concerne la vente d’un lot ou d’une fraction de lot en copropriété. La superficie privative doit figurer dans la promesse puis dans l’acte de vente. Les caves, garages, emplacements de stationnement et lots de moins de 8 m² sont exclus de cette obligation. Une maison individuelle hors copropriété n’est donc généralement pas soumise au mesurage Carrez.

La surface habitable, couramment appelée mesurage Boutin, est indiquée dans le contrat de location d’un logement servant de résidence principale. Elle s’applique aux appartements comme aux maisons relevant du régime des baux d’habitation. Elle ne doit pas être confondue avec la surface au sol, la surface utile ou la surface fiscale.

Quelle différence entre surface Carrez et surface habitable ?

La superficie Carrez correspond aux planchers des locaux clos et couverts après déduction des murs, cloisons, marches, cages d’escalier, gaines et embrasures. Les parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 m ne sont pas comptées.

La surface habitable part d’un calcul proche, mais exclut en plus certains volumes annexes : combles non aménagés, caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, vérandas et locaux communs. Un appartement peut ainsi afficher une superficie Carrez supérieure à sa surface habitable, notamment lorsqu’il possède une véranda ou certains volumes annexes.

Le bon réflexe consiste à ne jamais réutiliser automatiquement une mesure réalisée pour une vente dans un bail, ou inversement. Il faut vérifier la méthode, le périmètre du bien et les travaux effectués depuis le précédent mesurage. Notre comparaison détaillée de la loi Carrez et de la loi Boutin permet d’identifier rapidement les annexes retenues ou exclues dans chaque calcul.

Quels espaces comptent réellement dans le calcul ?

Une pièce mansardée n’est retenue que pour sa partie dépassant 1,80 m de hauteur. Les murs, cloisons et embrasures ne comptent pas. Un placard peut être inclus si son plancher se trouve au même niveau que la pièce et si sa hauteur répond aux critères applicables. En revanche, un balcon ouvert n’entre ni dans la surface Carrez ni dans la surface habitable.

Les situations deviennent plus délicates avec une mezzanine, une véranda, des combles aménagés, une dépendance ou une réunion de lots. Leur prise en compte dépend de leurs caractéristiques juridiques et physiques. Le règlement de copropriété, l’état descriptif de division et les autorisations de travaux peuvent alors être aussi importants que le relevé au télémètre.

Quel risque en cas d’erreur de surface ?

Pour une vente en copropriété, si la superficie réelle est inférieure de plus de 5 % à celle inscrite dans l’acte, l’acquéreur peut demander une diminution du prix proportionnelle à l’écart. L’action doit être engagée dans l’année suivant l’acte authentique. Si aucune superficie n’est mentionnée, l’acquéreur peut invoquer la nullité dans le mois suivant l’acte authentique, sous réserve des effets d’une régularisation dans cet acte. Notre article sur l’erreur de surface Carrez et la baisse de prix détaille les calculs et délais.

Pour une location, lorsque la surface habitable est inférieure de plus de 5 % à celle indiquée dans le bail, le locataire peut demander une diminution du loyer proportionnelle à l’écart. À défaut d’accord ou de réponse du bailleur dans les deux mois, le juge peut être saisi dans les quatre mois suivant la demande. Notre guide sur la surface habitable erronée et la baisse de loyer explique aussi l’effet d’une demande déposée plus de six mois après la prise d’effet du bail.

Faut-il refaire le mesurage après des travaux ?

Un mesurage n’a pas une durée de validité limitée comme un état des risques ou un diagnostic termites. Il reste exploitable tant que la consistance et la surface du bien n’ont pas changé. Il est prudent de le refaire après l’abattement ou la création d’une cloison, l’aménagement de combles, la fermeture d’une loggia, la création d’une mezzanine ou la réunion de lots.

Même sans travaux récents, un ancien document peut avoir été établi sur un périmètre différent ou selon une méthode inadaptée à la transaction actuelle. Avant de réutiliser vos documents, consultez aussi notre guide sur la durée de validité des diagnostics immobiliers.

Peut-on mesurer soi-même son logement ?

La loi n’impose pas systématiquement que le mesurage soit établi par un diagnostiqueur certifié. Le vendeur ou le bailleur reste toutefois responsable de l’information fournie. Dans un logement simple, une première estimation personnelle peut aider à préparer le projet, mais elle ne remplace pas toujours un relevé professionnel.

Faire intervenir un professionnel est particulièrement utile lorsque le plan est complexe, que le logement est mansardé, que des travaux ont modifié les volumes ou que le règlement de copropriété soulève un doute. Son assurance de responsabilité professionnelle apporte également une protection supplémentaire. Le mesurage peut alors être coordonné avec les autres contrôles nécessaires à la vente.

Préparer un diagnostic mesurage fiable

Rassemblez le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les plans et les justificatifs de travaux. Rendez toutes les pièces accessibles et signalez les annexes, combles, mezzanines ou lots réunis. Demandez au professionnel d’indiquer clairement le type de surface calculé et le périmètre retenu.

Diagogo vous aide à organiser le mesurage et les autres diagnostics immobiliers utiles à votre vente ou votre location. Vous disposez ainsi de documents cohérents avant l’annonce, la promesse ou la signature du bail.

Conclusion

Le diagnostic mesurage protège la valeur annoncée du logement. La loi Carrez sécurise la vente d’un lot de copropriété ; la surface habitable sécurise le bail d’habitation. Comme les deux périmètres diffèrent, utilisez toujours la mesure correspondant à votre projet et faites-la contrôler après des travaux ou en cas de doute.

FAQ

La loi Carrez s’applique-t-elle à une maison individuelle ?

En principe non, sauf si la maison constitue un lot dans une copropriété, notamment une copropriété horizontale.

Le balcon compte-t-il dans le diagnostic mesurage ?

Non. Un balcon ouvert n’entre ni dans la superficie Carrez ni dans la surface habitable.

Combien de temps un mesurage reste-t-il valable ?

Il n’a pas de date d’expiration fixe, mais il doit être refait si des travaux ou une modification des lots ont changé la surface ou son périmètre.

Sources

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