Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du diagnostic de performance énergétique a changé pour l’électricité. Le coefficient de conversion en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution peut améliorer l’étiquette de certains logements électriques, sans dégrader celle des autres. Voici ce qu’elle change concrètement pour les propriétaires, vendeurs, bailleurs et professionnels de l’immobilier.
Pourquoi le calcul du DPE électrique a-t-il changé en 2026 ?
Le DPE évalue la consommation conventionnelle d’un logement pour cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage et auxiliaires. Pour établir l’étiquette énergie, les consommations finales sont converties en énergie primaire. Jusqu’à la fin de 2025, chaque kilowattheure d’électricité consommé était comptabilisé avec un coefficient de 2,3. Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient est fixé à 1,9, soit la valeur européenne actualisée.
Cette modification vise à mieux refléter le mix électrique français, largement décarboné, et à réduire l’écart de traitement entre l’électricité et les énergies fossiles. Elle ne change pas les caractéristiques physiques du logement, mais la manière dont sa consommation électrique est traduite dans l’étiquette énergie du DPE.
Quel impact sur la consommation affichée et l’étiquette ?
Pour comprendre l’effet mécanique, prenons l’exemple officiel d’un logement entièrement électrique consommant conventionnellement 100 kWh d’énergie finale par mètre carré et par an. Avec l’ancien coefficient, la consommation en énergie primaire atteignait 230 kWh/m²/an. Avec le coefficient de 1,9, elle devient 190 kWh/m²/an.
Cette baisse peut permettre à certains logements de gagner une classe énergétique, voire exceptionnellement deux classes pour de petites surfaces. Les biens dont le chauffage et l’eau chaude sont électriques sont généralement les plus susceptibles d’en bénéficier : convecteurs, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique ou thermodynamique. Toutefois, l’amélioration n’est pas automatique. Le classement final retient la plus mauvaise des deux étiquettes, énergie et climat. Si l’étiquette climat reste limitante, la classe globale peut demeurer inchangée.
Le ministère précise qu’aucun logement ne peut voir son étiquette se dégrader du seul fait de cette réforme. Sur la base du parc observé au 1er janvier 2023, environ 850 000 logements, principalement chauffés à l’électricité, pourraient sortir des classes F ou G parmi les 4,8 millions de passoires énergétiques alors recensées.
Faut-il refaire un DPE réalisé avant 2026 ?
Non. Les DPE établis depuis le 1er juillet 2021 conservent leur validité normale, qui peut aller jusqu’à dix ans. Un propriétaire n’a donc pas à commander automatiquement une nouvelle intervention pour vendre ou louer son bien.
Si le nouveau calcul améliore l’étiquette, il est possible de télécharger gratuitement une attestation officielle depuis l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe en saisissant le numéro du diagnostic. Aucune nouvelle visite du diagnostiqueur n’est nécessaire. Cette attestation remplace l’ancienne étiquette tout en conservant la date de fin de validité du DPE initial. Elle peut être utilisée pour une vente, une mise en location ou certains dossiers d’aide.
En revanche, un nouveau DPE peut rester pertinent lorsque le logement a fait l’objet de travaux importants, lorsque des données du rapport initial sont inexactes ou lorsque le diagnostic n’est plus valide. La réforme du coefficient ne dispense pas de vérifier la cohérence du document avec l’état actuel du bien.
Quelles conséquences pour une vente ou une location ?
Une meilleure étiquette peut modifier la présentation commerciale du logement, son positionnement face aux biens comparables et, dans certains cas, les contraintes associées aux passoires énergétiques. Avant de publier une annonce, il est donc utile de vérifier si une attestation 2026 est disponible. L’annonce doit reprendre la classe et les informations énergétiques correspondant au document effectivement utilisé dans le dossier.
Pour un bailleur, cette vérification est particulièrement importante lorsque le logement se situait à la frontière entre deux classes. Pour un vendeur, l’attestation peut éviter de présenter une performance devenue obsolète au regard de la nouvelle méthode. Pour l’agent immobilier, intégrer ce contrôle dès la prise de mandat permet de sécuriser l’annonce et d’éviter une correction tardive.
La réforme remplace-t-elle les travaux de rénovation ?
Non. Une amélioration comptable du classement ne réduit ni les factures réelles ni les besoins de chauffage. Un logement mal isolé reste inconfortable et coûteux à occuper. Le nouveau coefficient ne doit donc pas être interprété comme une rénovation virtuelle.
Les priorités restent l’isolation adaptée du bâti, la maîtrise des infiltrations d’air, une ventilation efficace et un système de chauffage correctement dimensionné. Le DPE fournit des recommandations, mais un audit énergétique peut être nécessaire pour construire un parcours de travaux plus détaillé. Il faut également comparer le coût d’usage des équipements : installer des convecteurs peu chers à l’achat n’est pas nécessairement la solution la plus économique pour l’occupant.
La bonne démarche en trois étapes
- Retrouver le numéro du DPE figurant sur le rapport et vérifier sa date de validité.
- Consulter l’Observatoire DPE-Audit pour savoir si une nouvelle étiquette et une attestation officielle sont disponibles.
- Actualiser le dossier immobilier et les informations de l’annonce, sans supprimer le rapport d’origine.
Si un diagnostic doit être renouvelé ou réalisé après des travaux, Diagogo permet d’organiser rapidement l’intervention d’un professionnel certifié et de centraliser les éléments utiles à votre transaction.
FAQ sur le nouveau DPE électrique 2026
Tous les logements électriques gagnent-ils une classe ?
Non. Leur consommation en énergie primaire diminue, mais le gain de classe dépend des seuils et de l’étiquette climat. Certains logements conservent donc leur classement.
L’attestation Ademe prolonge-t-elle la validité du DPE ?
Non. Elle reprend la durée de validité restante du diagnostic initial et remplace uniquement son étiquette.
Un DPE antérieur à 2026 reste-t-il utilisable pour vendre ?
Oui, s’il a été réalisé selon la méthode en vigueur depuis juillet 2021 et qu’il n’est pas arrivé à expiration. L’attestation 2026 peut compléter le dossier lorsqu’une nouvelle étiquette est calculée.




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